Un conversation sur l’évolution sur l’art féministe – EDGY COLLOQUE

Par SHEENA GOURLAY

Les anniversaires sont toujours des moments de réflexion, des moments forts où l’on regarde d’où l’on vient, mais surtout la direction de l’avenir. Ce double regard nous permet de réfléchir sur deux directions en même temps. Il me semble que le féminisme de la troisième vague fait la même chose. Il est du présent. C’est le féminisme actuel, un féminisme conscient de son passé mais regardant surtout l’avenir. On le voit dans le livre Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe qui est apparu en 2011, et plus tôt dans Dialogues sur la troisième vague féministe en 2005. Le passé sert de ressource afin de poser de nouvelles questions, sans en être entravé.

Mais y a-t-il une troisième vague dans les arts visuels? Il me semble que cette question en pose une autre. Comment devient-on conscient de ce passé? Y avons-nous accès?

 

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“After the Dinner Party”

 

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“After the Dinner Party”

Fini les classeurs pleins de photocopies qui ont constitués la bibliothèque de la première génération d’artistes féministe dans les années 1970. Il y a maintenant des bibliothèques pleines de publications sur l’art des femmes et l’art féministe. Il y a aussi de grandes expositions portant sur l’histoire de l’art féministe telle que WACK! aux États-Unis, Elles@centrepompidou à Paris, et, plus près de nous, Femmes artistes. L’éclatement des frontières, 1965-2000 à Québec, sans oublier Archi-féministes! présentée à Optica. Mais ce corpus, est-il si disponible que cela? Est-il utilisable? Ou est-il un poids tel que l’on doit fermer les portes des archives afin de recommencer? Quelle position prennent les artistes face à cette histoire?

Cette réflexion m’amène à une autre. Quelles sont les pratiques visuelles actuelles? Et comment s’articulent-elles aux discours sur l’art et sur le féminisme? Il me semble que si l’on pose la question de l’existence d’un art féministe de la troisième vague, on doit commencer par là, par ce que les artistes font. L’art est d’abord pratique. C’est par la pratique, par les matériaux, les processus et les images, que l’engagement commence. Donc, s’il y a un art féministe de la troisième vague, quelle est la forme de son engagement?

Image from Archi-féministes!: Archiver le corps

Image from Archi-féministes!: Archiver le corps

Here we are at another anniversary for La Centrale – 40 years, or for 41 depending on which date one uses to mark its founding. These dates have always been important for the gallery because they are moments of reflection, not only on the past, but more importantly on the future. It seems to me that this double vision is also one of the strengths of third-wave feminism. Take for example the recently published book Remous, ressacs et dérivations autour de la troisième vague féministe that came out in 2011. The feminist past is valued, not to imitate it, but rather as a way to pose new questions.

However, this raises another question for me. Is there a third-wave feminism in the visual arts? And if so, how does it situate itself relative to the past? Does it even have access to it?

It is true, we are long past the time when university students had to compile their own library using photocopies and filing cabinets. There are now shelves of books on feminist art and art by women. There have also been a number of large exhibitions that has made this work more visible. One only has to think of WACK! in the United States, Elles@centrepompidou in Paris, and, nearer to here, Femmes artistes. L’éclatement des frontières, 1965-2000 in Quebec City, as well as Archi-féministes! at Optica here in Montreal. But is this history really accessible? Is it usable? Or do we have to close the doors of the archive in order to begin again? How DO artists today position themselves relative to this feminist art past?

This raises a further question for me. What are the visual practices today and how are they articulated to discourses on art and on feminism? It seems to me that to ask whether there is a third-wave feminist art, one has to begin by asking what artists are doing. Art is a practice. The artist’s engagement is first of all with and through the materials, processes and images that are central to their practice. So if there is a third-wave feminist art, what form does this engagement take?

Sheena Gourlay s’intéresse à l’art féministe, aux conditions de son émergence et de son évolution. Elle en a étudié les nouvelles problématiques et pratiques en art, elle s’intéresse également aux rapports entre les pratiques visuelles et celles des musées, et à l’articulation des discours féministes à l’art. Membre de la galerie La Centrale pendant plusieurs années, elle est professeure à temps partiel à l’Université d’Ottawa où elle enseigne la théorie féministe et, cette année, un cours sur les masculinités.

NE PAS MANQUER: Un conversation sur l’évolution sur l’art féministe et la communauté montréalaise de avec Sheena Gourlay et Aimée Darcelle (15h-16h) at EDGY COLLOQUE — EDGY REDUX — GRATUIT!

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